Depuis 2004, nous avons lancé le programme de parrainage d’enfants. Cette nouvelle activité de Nepal-Secours fut décidée après une étude précise. Comment réaliser un programme qui permettrait à des personnes en Belgique de suivre activement des enfants au Népal et de les connaître réellement sans les avoir nécessairement visités ?
La réponse fut la naissance de ce programme qui, au cours des années successives, a pris peu à peu de l’ampleur et qui est aujourd’hui une de nos activités bien rodée, bien connue au Népal et pour laquelle on compte sur nous plus que jamais… et donc sur vous !
En 2003 et en 2004, guidés par notre comité népalais, nous avons visité un nombre impressionnant de familles pauvres et posé un diagnostic sur leurs situations, toutes un peu particulières : état de santé des membres de la famille, état de l’habitation, alimentation, habillement, scolarité, composition de la famille, revenus. Des priorités s’imposaient pour choisir les plus nécessiteux et il fut aisé de choisir les premiers bénéficiaires du programme de parrainage.
La misère la plus dure est particulièrement installée quand la pauvreté est présente dans la famille depuis plusieurs générations, quand aucun patrimoine, - même pas un petit lopin de terre à cultiver -, n’a pu être constitué. Et il faut dire que cette situation concerne la majorité des habitants de ce pays. La pauvreté est présente de manière très crue également quand les grands-parents sont à charge de la famille, quand la fratrie est très nombreuse, quand un enfant est handicapé, quand un parent est handicapé et ne peut ainsi plus travailler normalement. La santé déficiente est malheureusement très présente au Népal où la mortalité infantile est très importante, où l’hygiène est très peu présente, faute d’eau courante, de structures d’accueil pour les soins de santé, faute d’argent tout simplement pour pouvoir aller consulter un médecin en ville et se faire soigner.
Ainsi, les premières familles choisies pour le parrainage étaient celles qui, dans la région, étaient des familles très nombreuses, où les parents n’avaient pas de travail ou ne pouvaient pas travailler suite à de gros handicaps ou de gros problèmes de santé.
Au bout de quelques années d’expérience, nous pouvons tirer des conclusions positives de cette expérience, et le fait d’en tirer ces conclusions est un encouragement positif à poursuivre de longues années encore.
Mieux nourris, mieux logés, mieux habillés, nous avons vu les enfants plus motivés pour aller à l’école et pour faire leurs devoirs à la maison. Ils obtiennent de beaux résultats scolaires et leurs professeurs en sont satisfaits. Ils pourront ainsi aller plus loin dans leur scolarité, ne pas se limiter à l’école primaire mais prolonger vers le secondaire voire même une école secondaire ou une formation professionnelle. C’est extrêmement encourageant.
Quant aux parents, nous passons avec eux un « contrat moral ». Nous estimons qu’il est nécessaire qu’ils fassent leur part du chemin en échange de l’aide que nous leur fournissons. Ainsi, nous les incitons à économiser pour pouvoir, plus tard, offrir des études supérieures à leurs enfants, offrir une dot pour le mariage de leur(s) fille(s), s’acheter des poules, des chèvres, un buffle qui donnera du lait et des petits. Bref, chacun de son côté fait des efforts pour que l’opération marche bien. Il ne s’agit pas pour la famille de « se reposer » sur le parrainage, mais de le considérer comme un marchepied pour redonner à la famille un élan inespéré.